Argumentaire

Répondre aux commandes ?

Les psychologues à la croisée des demandes…

 

Des demandes, les Psychologues de l’Education nationale en reçoivent, de multiples et de multiformes.

 

Elles leur sont exprimées par les consultants, mais aussi par les nombreux partenaires avec qui (et parfois sous l’autorité de qui…) ils·elles collaborent dans l’institution scolaire où ils·elles sont engagé·es. Elles portent explicitement sur des objets très variés et de complexité très variable, de la « simple » information au conseil approfondi, de l’accompagnement individuel à l’expertise. Elles leur sont adressées selon des modalités extrêmement diverses : questions, appels, attentes, invitations, interpellations, requêtes, exigences, commandes… voire injonctions, parfois paradoxales.

 

Pour ne pas se perdre dans le dédale des demandes auxquelles il·elle est confronté·e, le.la praticien.ne dispose d’un fil rouge, celui de la demande.

 

Conformément à ses missions, la demande prioritaire des élèves, des jeunes et de leur famille, au service desquels il·elle exerce ses fonctions.

 

Mais aussi, conformément à sa position professionnelle originale, la demande en tant qu’elle est un objet d’étude et de recherche… pour la psychologie.

 

Car la demande est un objet psychologique en lui-même, et le.la psychologue est censé·e en connaître un bout. Il·elle a été formé·e, et il·elle est payé·e pour savoir (et faire savoir) que « la demande, en soi, porte sur autre chose que sur les satisfactions quelle appelle ». Aussi lui revient-il de l’analyser, afin d’y reconnaître et d’en faire émerger le non-dit que le plus souvent elle recèle.

 

C’est en s’attachant, par exemple, à faire la part de l’implicite incluse dans la parole d’un·e élève, d’un·e jeune, que le.la psychologue de l’Education nationale, spécialiste des questions d’éducation, de développement et de conseil en orientation, peut entendre, et donner à entendre, ce qu’une « simple » demande d’information révèle des motivations scolaires et professionnelles de ce·cette élève, de ce·cette jeune. Ce qu’une exigence, ou au contraire un refus de l’aide qu’on lui propose, éclaire des causes profondes de ses difficultés d’apprentissage. Ce que les injonctions (souvent paradoxales…) qu’il·elle ressent, explique de son incapacité à développer un projet…

 

Ces 68èmes Journées Nationales d’Etudes de l’Association des psychologues et de psychologie dans l’Education nationale – APsyEN/ ex ACOP France, seront ainsi l’occasion d’interroger cette demande, qui met en jeu la dimension du sujet et son rapport à l’autre. Par-delà les références théoriques qu’elle interroge et les cadres institutionnels qu’elle interpelle, quelles réponses concrètes appelle-t-elle des praticien.nes ?

 

Quel cadre de travail, en particulier, quelle « architecture des services », pour que leur soient garanties la bonne distance et les conditions déontologiques adéquates ? Quel CIO pour les aider à définir et à asseoir leur position dans le mouvement de reconfiguration actuel des rôles et des missions des acteurs au sein du système éducatif ?

 

Quelles modalités de formation, de régulation et d’analyse de leurs pratiques, qui leur permettent de s’émanciper des demandes « tout venant », pour mieux se centrer sur celle des sujets concernés ?

 

Quelles démarches de travail, individuelles et collectives, qui leur permettent de faire valoir leur qualité de psychologue ?

 

Quelle offre, donc ?

Pour créer quelle demande ?